Le grand gagnant des Goya

Avec cinq prix lors des derniers Goya (les César espagnols), ce film de Pablo Agüero a été le grand gagnant du grand rendez-vous du cinéma espagnol. Il a également été lauréat de nombreux prix en festivals dont récemment au festival du film d’Histoire de Pessac, la société Dulac Distribution sortira le film le 25 août dans plus de 100 villes en France avec une couverture presse importante en partenariat avec : Télérama, Première, L’Histoire, Causette, Sens Critique et Vocable. Le film fera aussi l’objet d’un dossier pédagogique en français avec Zéro de conduite (Agence Cinéma pour l’éducation) et en espagnol avec Vocable.

Le synopsis

Tourné en Basque et en Espagnol, le film se déroule au pays basque en 1609 et met en scène six jeunes femmes arrêtées et accusées d’avoir participé à une cérémonie diabolique, le Sabbat. Quoi qu’elles disent, quoi qu’elles fassent, elles seront considérées comme des sorcières. Il ne leur reste plus qu’à le devenir…

Avec la Maison basque de Bordeaux

Ce film témoigne de la spécificité culturelle et historique du Pays basque. C’est pourquoi la société Dulac Distribution nous a invités à découvrir le film, puis nous nous sommes rapidement mis d’accord, en collaboration avec l’Institut Culturel Basque et Claude Labat de l’association Lauburu, sur l’organisation de 2 rendez-vous : une intervention le 14 septembre après une projection du film, qui sera diffusé à l’Utopia, et une autre le jeudi 16 septembre à 18h30 à la Maison basque.

« En Pays basque, les démons sont de chair et d’os »

C’est le titre de la conférence donnée par Claude Labat. Voici ce qu’en dit lui-même ce dernier :
Disons-le clairement, ce film a une force étonnante tant au point de vue esthétique que pour avoir montré la « fascination réciproque » qui existait entre le juge et les accusées.En revanche, la conférence aborde ces affaires du début du 17e siècle en insistant sur l’iniquité des juges français ou espagnols, le Labourd et la Navarre étant traités de façon scandaleuse. Heureusement, plusieurs personnes se soulevèrent et les procès de Navarre sont ainsi à l’origine de l’arrêt définitif de la sorcellerie diabolique en Europe !

Par ailleurs, la conférence lutte contre des clichés qui, depuis le 19e siècle, donnent de la sorcellerie une image simpliste en prenant le juge Pierre de Lancre pour un fou et un dépravé, mais sans tenir compte des manigances des nobles qui demandent à Henri IV d’envoyerune enquête au Labourd pour accuser des innocents, femmes, hommes, ainsi que des jeunes et des enfants.
A cette époque, la sorcellerie était un crime de lèse-majesté envers le roi et l’Église. Aujourd’hui, malgré la rareté des documents du côté français, on arrive à cerner plusieurs raisons qui ont décidé Henri IV à intervenir en Pays basque. Les historiens disent que la commission d’enquête était destinée à faire un rideau de fumée (!) pour cacher des opérations que le roi avait préparées à Paris.Enfin, si l’épidémie de sorcellerie du Labourd s’est propagée aussitôt en Navarre, il faut comprendre que ce drame humain avait une dimension internationale.

David Mugica